Gizeh est le nom moderne donné à la célèbre nécropole qui s’étend sur un plateau désertique de deux mille mètres carrés à la bordure du Caire actuel.
On peut encore y observer quatre monuments gigantesques qui défient le temps : le Grand Sphinx et les pyramides de Khéops (Khoufou), Khéphren (Khâefrê)
et Mykérinos (Menkaourê) tous trois pharaons de la IVe dynastie.
La nécropole de Guizeh

Après les tentatives plus ou moins réussies de ses prédécesseurs dans la construction d’une pyramide à faces lisses, Khéops en fera construire une à l’ampleur
jamais égalée. Considérée comme l’une des Merveilles du Monde, elle servira de modèle à ses successeurs, qui ne parviendront toutefois plus jamais à édifier un
monument aussi gigantesque.
Bien que ces édifices impressionnent par leur démesure, ils ne sont

plus que les "squelettes" de pierre de vastes complexes funéraires comprenant temples, chapelles, enceintes, ainsi que les divers édifices servant au culte des souverains
défunts. De même, le revêtement de calcaire poli qui les couvrait, a depuis longtemps disparu (il ne subsiste plus que partiellement à la partie supérieure de la pyramide
de Khéphren).
Gizeh ne servit pas seulement de lieu d’éternité pour ces trois souverains car, comme le voulait la coutume, les membres de la famille royale, les grands fonctionnaires de
l’État et les personnages importants y érigèrent également leur tombe afin d’accompagner le pharaon dans l’au-delà.

Le Grand Sphinx, gigantesque lion à tête humaine, fut entièrement sculpté dans la roche.

Bien que sujet à diverses controverses, il représente vraisemblablement le pharaon Khéphren.
Il est généralement considéré comme le gardien de la nécropole. Ce monument a été restauré à plusieurs reprises car, le sable le submergeait périodiquement. La restauration la plus
célèbre est celle de Thoutmosis IV. Le dieu Sphinx Harmakhis lui apparut en songe et lui promit qu’il serait couronné pharaon si il réalisait les travaux de désensablement du Grand Sphinx.
D’ailleurs, une stèle érigée entre les pattes du lion relate cet épisode. D’autres restaurations eurent également lieu à l’époque ptolémaïque, romaine ainsi qu’au XIXe siècle de notre ère.
De récents travaux permettent maintenant d’admirer cet édifice dans sa splendeur passée.

Outre ces monuments, c’est surtout la remarquable organisation de l’État pharaonique dans ces divers chantiers que nous devons surtout admirer. Réaliser de tels projets,
c’était maîtriser un certain nombre de problèmes d’organisation : la quête et le transport des matières premières, la gestion d’une nombreuse main-d’œuvre, ainsi que la
maîtrise des techniques de construction. Seul, un pouvoir centralisé, particulièrement organisé, a pu mener à bien ces différentes tâches.
Contrairement à une idée qui est encore répandue, les ouvriers bâtisseurs des pyramides n’étaient pas des esclaves, mais des artisans libres. Sculpteurs et tailleurs de pierre étaient
assistés par une main-d’œuvre d’origine paysanne, libérée temporairement par la crue du Nil, et réquisitionnée pour la corvée. Participer à cette entreprise, c’était ainsi pour eux
gagner aussi un peu d’éternité aux côtés du pharaon, seul trait d’union entre les hommes et les dieux.
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