La ville d’Edfou, se trouve sur la rive orientale du Nil, à mi-chemin entre Thèbes et Assouan. Elle était nommée Djeba par les Égyptiens et Apollinopolis Magna par les Grecs.
Capitale du deuxième nome dans l’antiquité, à la croisée de plusieurs voies importantes, cette localité doit sa célébrité au majestueux temple très bien conservé, que l’on
peut encore visiter aujourd’hui. Il était consacré à l’Horus de Béhédèt mais aussi à Hathor de Denderah.
L'architecture
Ce gigantesque temple, second par la taille après celui de Karnak, était orienté selon un axe sud-nord. Bien qu’il soit de conception tardive, il offre une vision très proche d’un
temple égyptien de la période classique : un monumental pylône d’entrée (avec ses 36 mètres, il est le plus haut pylône d’Égypte), une cour à portique, deux salles hypostyles
et un sanctuaire entouré de chapelles. Des éléments architecturaux, caractéristiques des temples greco-romains, sont également présents : murs d’entrecolonnement, pronaos,
mammisi et nilomètre.
Les nombreuses salles du sanctuaire avaient chacune une fonction bien précise : trésor, chambre des offrandes, vestibules, bibliothèques et laboratoires. D’autres pièces servaient
également de chapelles pour des divinités secondaires.
L'histoire
Ce temple était le théâtre d’une très importante fête, celle dite du « Mariage Sacré » qui avait lieu une fois l’an. Au cours de celle-ci, la déesse Hathor remontait le Nil depuis
son temple de Dendérah pour s’unir à Horus d’Edfou. À l’issue de ces réjouissances, qui duraient environ deux semaines, naissait le dieu-fils Harsomtous "Horus qui réunit les Deux-Terres".
Ainsi, la triade divine était à nouveau régénérée.
Ce temple fut fondé en 237 av. J.-C. sous le règne de Ptolémée III Évergète, sur un temple plus ancien existant sous Thoutmôsis III (XVIIIe dynastie). Il sera achevé 188 ans plus tard,
en 57 av. J.-C., par Ptolémée XII Néos Dionysos. C’est cependant au pharaon Nectanébo II (XXXe dynastie) que l’on doit la construction du naos en granit de 4 mètres de haut qui
se trouve toujours en place dans le sanctuaire. Il servait à abriter la statue divine.
Les premiers Chrétiens y installeront une église et des chapelles comme l’attestent encore les croix et inscriptions gravées à l’intérieur du temple. Comme tous les grands sanctuaires
de l’ancienne Égypte, le temple d’Edfou sombrera ensuite dans l’oubli et sera envahi par les sables. C’est en 1860 que le grand archéologue Auguste Mariette entreprit le dégagement
de l‘édifice. Les murs antiques allaient alors pouvoir enfin révéler les merveilleuses scènes mythologiques ainsi que les milliers d’inscriptions hiéroglyphiques qui sommeillaient là depuis
des siècles.