Situés à une quarantaine de kilomètres au nord d’Assouan, les vestiges du temple de Kom Ombo dominent, du haut d’une petite colline, une boucle du Nil,
à la manière d’une acropole. Le site fut choisi en fonction de son intérêt stratégique ; la colline dominait à la fois le Nil ainsi que l’accès aux importantes mines d’or de la Nubie.
L’étymologie reflète d’ailleurs bien cet aspect, puisqu’en égyptien ancien, ce lieu fut appelé Noubet, "Celle de l’Or", qui fut traduit Ombos en grec, pour finalement devenir Kom Ombo.
Architecture et cultes
La singularité de ce site est autant architecturale que religieuse. Le complexe présente un plan quasi unique en Égypte : il est constitué de deux temples réunis, car
consacrés simultanément à deux divinités principales. La partie sud était dédiée au dieu faucon Horus l’Ancien (Haroéris) et la partie nord au dieu crocodile Sobek.
Le temple dispose d’ailleurs d’une porte d’entrée et d’un sanctuaire pour chacune de ces deux divinités. Leur culte était complémentaire : Haroéris, dieu hiéracocéphale,
était un dieu aérien, solaire ; le dieu Sobek, dieu crocodile, était une entité terrestre et aquatique. Cette dualité, exprimée par des concepts religieux complexes,
symbolisait les puissances créatrices divines et le retour perpétuel des cycles de la vie mais surtout, le maintien d’un équilibre, tant dans le monde matériel que dans le monde spirituel.
L'histoire
Ce temple a été bâti à l’époque ptolémaïque et romaine sur des édifices religieux datant du règne d’Aménophis Ier et de Thoutmosis III. Plus de mille ans plus tard,
le temple sera reconstruit à l’époque de Ptolémée VI. Il fut ensuite entouré d’une enceinte de briques crues qui s’ouvrait à l’extérieur, par une porte monumentale,
construite par Ptolémée XIII.
Crocodiles et scalpels
À l’époque romaine, la décoration fut complétée sous les empereurs Tibère, Claude et Domitien mais, les travaux ne furent cependant jamais complètement achevés.
Une petite chapelle dédiée à la déesse Hathor, accolée à la façade nord du temple, fut édifiée sous l’empereur Domitien. En bon état de conservation, elle abrite aujourd’hui
des momies de crocodiles provenant d’une nécropole voisine. À partir de cette époque, le temple servit aussi de centre médical, comme l’atteste la célèbre représentation
d’une "trousse de chirurgien", sur la paroi d’un des murs du temple. Elle figure des ciseaux, scalpels, sondes, spatules, crochets et ventouses qui étaient offerts au dieu Sobek,
mais qui pour nous, témoignent de la diversité de l’instrumentation médicale de cette époque.