Le Nil

         

Le Nil est, avec ses 6.671 km, non seulement le troisième plus long fleuve du monde, mais surtout, celui sans lequel la civilisation égyptienne n’aurait jamais pu se développer.



 Un peu de géographie

Les sources du Nil demeurèrent longtemps inconnues, et il fallut attendre le XIXe siècle pour que l'ensemble du cours du fleuve soit cartographié avec précision. Sa source la plus lointaine se situe sur les Hauts-plateaux du Rwanda. Passant par les lacs Victoria et Albert, il traverse alors l’Ouganda, le Soudan et l’Égypte, pour se jeter dans la Méditerranée en formant un vaste delta. Ses crues régulières ont fertilisé les terres égyptiennes depuis des millénaires et permis le peuplement de cette région désertique. Il pénètre en Égypte par le Soudan et remonte vers le nord sur 1.280 km. Sur toute sa longueur, depuis la frontière sud jusqu’au Caire, il a creusé une étroite vallée, bordée de falaises.


 Un peu de l'histoire... d'une crue

Dans l’Égypte ancienne, il était considéré comme un dieu, car il apportait lors de chaque crue, le limon fertile espoir de riches cultures, donc l’abondance. La crue était ainsi personnifiée sous les traits de Hâpy, génie androgyne au corps d’homme pourvu de mamelles pendantes. Les eaux montaient de façon significative au mois de juillet, et marquait ainsi le début de l’année égyptienne. Pendant l’inondation, la vallée ressemblait à un immense lac, sur lequel il n’était possible de se déplacer qu’en barque. Dès la mi-septembre, les eaux se retiraient après avoir laissé sur les terres, les alluvions arrachées au cœur même de l’Afrique. Pour les égyptiens, l’inondation prenait naissance dans les cavernes mythiques de la première cataracte à Éléphantine, où le dieu à tête de bélier Khnoum, libérait les flots. Comme tout phénomène naturel, la crue n’était pas toujours régulière. Trop faible, elle était la source de disettes ; trop forte, elle dévastait les constructions. Très tôt dans leur histoire, le peuple égyptien a développé tout un système d’irrigation et de drainage composé de digues, canaux et bassins de retenue. Ces travaux, qu’il était nécessaire de coordonner tout au long du fleuve, a permis le développement d’une administration centralisée, fortement hiérarchisée sous la souveraineté d’un personnage (le Pharaon). Source d’une agriculture prospère, le Nil était aussi la principale voie de communication à travers tout le pays, rendant ainsi possible les échanges commerciaux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. C’est donc grâce à ce fleuve et à la manière dont les hommes ont su le dompter, que s’est développée l’une des plus précoce et des plus remarquable civilisation de toute l’histoire de l’humanité.


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