Le musée de Louxor




 Le musée


Inauguré en 1975 sur les quais de Louxor, situé sur la corniche du Nil, à mi-chemin entre le temple de Louxor et celui de Karnak, le musée, présenté d’une façon claire et vivante, expose une magnifique sélection d’objets retrouvés sur les sites thébains.











Parmi eux, les deux têtes géantes d’Aménophis III et d’Akhénaton,












ainsi que le célèbre mur des talatat, reconstitué à l’aide de 280 blocs peints provenant du temple élevé à Aton par le pharaon rebelle et qui avaient été utilisés dans le neuvième pylône de Karnak : c’est un témoignage rare des cérémonies d’offrande à ce dieu, accomplies par Akhénaton et Néfertiti. C’est un excellent complément de visite.






 Les chef-d'oeuvres de la cachette

Entre autre monuments le musée renferme une collection de pièces retrouvée en 1989 dans le temple de Louxor à l'occasion de travaux de consolidation de la grande cour d'Aménophis III.

Voici, extraite du magazine Suisse "L'Hebdo"(no 52, 23-29.12.1992), et repris dans ces pages du site de la Fondation Berger, les circonstances de leur découverte :

"Depuis longtemps, la colonnade de la seconde cour du temple d'Amon de Louxor menaçait de s'effondrer... Enfin on voit surgir un matin, au milieu des hordes de touristes de la redoutable mais propice "pleine saison", quelques ouvriers, pioche à l'épaule. Travail de routine, sur un site tel que Louxor...

Et soudain, c'est le miracle ! Le 22 janvier 1989, vers 11 heures du matin, une pioche rend un son clair ; de la pierre! Un socle, les pieds d'une statue apparaissent. Aussitôt alertés, les spécialistes prennent en charge le petit chantier. On l'isole d'une palissade opaque, pour y travailler en paix; et aussitôt, les rumeurs de courir : "C'est de l'or qu'on a trouvé!" - "C'est le trésor des prêtres!" - "Mais non, ce ne sont que les soubassements d'un mur romain, voyons!". Et, bientôt, la nouvelle tombe, stupéfiante : on vient de mettre au jour une série de sculptures superbes, toutes de la fin du Nouvel Empire, enterrées là par les prêtres eux-mêmes lors de travaux de réaménagement du sanctuaire entrepris vers 1290 av. J.-C. vraisemblablement.
"Découverte aussi importante que celle de la tombe de Tout-ankh-Amon par Carter et Carnavon en 1922!" titrèrent les journaux locaux. Aussi importante que celle des sépultures inviolées des pharaons de la XXIe dynastie à Tanis par Montet, ou, plus près de nous, que celle de la sépulture d'Aper-El, vizir d'Aménophis IV, en plein plateau de Sakkara en 1988.

Depuis peu, elles ont resurgi dans toute leur gloire : le petit mais superbe Musée de Haute-Egypte à Louxor, comme il se devait, leur a consacré une salle entière, un rien théâtrale peut-être, mais exemplaire pour ce qui est de leur mise en valeur. Qu'y découvrons-nous ? Tout d'abord une effigie monumentale d'Aménophis III, le fondateur du temple de Louxor, moins "séduisante" que la plupart de celles que nous connaissions jusqu'alors (Paris, Musée du Louvre - Londres, British Museum), mais respirant une vigueur souveraine que l'on ne connaissait pas encore à ce pharaon esthète. Et puis deux statues en granit noir représentant Horemheb, le dernier représentant de la XVIIIe dynastie, celui qui mit fin aux désordres engendrés par le schisme amarnien en gouvernant la vallée du Nil avec une inaliénable rigueur pendant près de vingt ans; jusqu'ici, on ne possédait de lui que deux portraits assez insignifiants; le découvrir ici sous un aspect transcendé, le regard droit, le sourire impérieux, sûr de l'approbation d'Amon au pied duquel il trône, éclaire d'un jour nouveau la personnalité de celui qui sut choisir pour son successeur un homme d'exception, le futur Séthi Ier. Plus loin encore, les deux pièces maîtresses : une statue d'Hathor en granit gris, hiératique et sensuelle à la fois, comme il convient à celle qui donna naissance au Jour Premier de la Création, une autre de Iounit, protectrice tutélaire de l'antique cité de Iounou, l'actuelle Ermanth, à trente kilomètres environ au sud de Louxor, berceau et résidence privilégiée des derniers monarques de la dynastie. Cette Iounit est par ailleurs si souveraine qu'on veut y voir un portrait idéal de la reine Tiy, épouse d'Aménophis III et mère d'Aménophis IV, née à Iounou vers 1385 av. J.-C. Gageons que d'ici peu, dès que les spécialistes disposeront de documents de qualité, ces deux statues deviendront des "classiques" de l'art égyptien, au même titre que la célébrissime Néfertiti de Berlin, ou que la Nofret du Caire.

Une chose encore : ces oeuvres, pourtant plus de trois fois millénaires, sont d'une exceptionnelle fraîcheur. Elles sont neuves ! Exposées pendant moins d'un siècle peut-être dans la cours ou dans les appartements du temple auquel elles avaient été dédiées, puis pieusement enterrées, elles n'ont pas eu à subir, comme tant d'autres, les injures du temps et des hommes : leur modelé, leur poli, leurs ciselures (voyez l'acuité du contour des yeux, par exemple, ou la délicatesse de la ligne du maquillage qui les cerne) en font des trésors qui justifient à eux seuls un pèlerinage à Louxor!
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