L'itinéraire



Si l'on veut voir quelque chose de son passé pharaonique, l'Égypte n'est pas une destination bon marché : il faut beaucoup se déplacer et visiter de nombreux sites.
Pour raison financière et pour gagner du temps sur place j'ai choisi un voyage organisé d'une semaine dans la version 4 jours en Haute Égypte en croisière de Louxor à Assouan, le car de nuit jusqu'a Abou Simbel suivi dès la fin de la visite du vol vers le Caire pour les 3 derniers jours.

Avec quelques variantes tous les voyagistes proposent cette formule. Le meilleur rapport qualité/quantité/prix que j'ai trouvé c'est avec Étapes Nouvelles : environ 9000 F.
Et à l'usage ça va : guide, visites, hébergement et restauration corrects. Pas de problème de ce côté-là. On nous dit même sur place qu'au début des années 90, avant l'attentat de Deir El Bahari, le prix a pu varier de 14000 à 22000 francs pour ce même voyage.


Voici le circuit officiel, tiré du site Étapes Nouvelles, complété de quelques impressions :


    1er jour : France / Louxor 

Rendez-vous des participants à l'aéroport. Assistance aux formalités d'enregistrement et envol à destination de Louxor. A l’arrivée, accueil, transfert et installation à bord du bateau.

A la descente de l'avion c'est tout de suite la grosse chaleur puis les gars qui se jettent avant toi sur tes bagages pour te les rendre en gueulant contre 10 balles. Au début ça impressionne, après on s'habitue, enfin plus ou moins. Du car on sent une misère ambiante et on se demande où sont les filles en Égypte. Pas à Louxor en tout cas. Anecdote : sur le bateau on nous explique que pour d'obscures raisons il ne faut pas jeter le papier toilette dans les wc de la cabine mais le déposer à côté, là, dans une corbeille prévue pour. Ca boucherait les tuyaux !? Ah ça, en 4 jours, y'aura forcément des loupés !


    2e jour : Louxor / Edfou 

Traversée du Nil et visite de la Nécropole de Thèbes : la Vallée des Rois, la Vallée des Reines et les deux colosses de Memnon. Déjeuner. L’après-midi, visite des Temples de Louxor et de Karnak. Retour au bateau et navigation en direction d’Edfou. Dîner et nuit à bord.

6h du mat, on commence par la Vallée des rois. Il faut s'habituer aux groupes de touristes. Y'en a partout et dans les tombes c'est le métro à la mauvaise heure. Ce sera comme ça toute la semaine. J'aurais voulu voir la chambre funéraire de Touthmôsis III et son ciel étoilé mais "c'est loin et trop difficile d'accès". Ce sera Seti II et Ramsès IV. Dans les tombes la guide explique, on écoute en admirant les parois où sont taillés les reliefs, conservés dans un superbe état, ou les peintures... Mais en restant bien groupé. Comme je fais pas mal de photos un gardien me tape le bras et contre 2 livres égyptiennes (L.E.) il m'éclaire mieux la momie d'un inconnu que l'on vient de dépasser. Il n'y aura pas de Deir El Bahari, de Ramesseum, de Deir El Medineh non plus. Frustrant. Vallée des reines : une petite tombe d'un fils de Ramsès III mort prématurément et venu occuper des lieux prévus pour un frère aîné.
Devant les colosses de Memnon c'est le panier repas sur le genoux dans le car. Bof.
Karnak et Louxor l'après-midi sont somptueux. Mais bon, à toute berzingue. A 15h, 50 kms en car jusqu'à Esna ou le bateau s'est rendu entre temps pour être bien placé au passage de l'écluse vu que ça bouchonne la aussi. Fin d'après-midi avec glande sur le pont terrasse. Le Nil et ses berges, sous un soleil de plomb... Magnifique.



    3e jour : Edfou / Kom Ombo 

Départ pour la visite d'Edfou, la ville sainte d’Horus et du temple édifié en son honneur. Navigation vers Kom Ombo. Dîner et nuit à bord.

Au matin une nuée de calèches nous attend sur le quai. Tu mémorises le n° de la tienne et en route pour Edfou. Grand et presque intact. Et puis le groupe, la foule. Pour l'intimité avec l'oeuvre tu repasseras. En fait il ne faut pas venir pour ça, il s'agit bien d'une formule quantitative et pas qualitative. En attendant longuement sur le trottoir la calèche du retour un cortège de femmes en noir passe en pleurant un défunt. Les vendeurs de tout et de rien sont omniprésents et assez vindicatifs. Immersion dans un autre monde.
Le milieu de cette journée consacré à la navigation est le seul moment de la semaine ou on aura quelques petites heures à soi. Le paysage défile, peu de verdure, quelques champs, des palmiers, le désert tout proche. Par moment c'est vraiment magique.
Contrairement au programme la visite du temple double de Kom Ombo c'est en fin d'après-midi. Juché sur un tertre, il domine une place ou un trait de peinture blanche est censé contenir les marchands et leur échoppes adossés à un mur. Il y a tellement de monde sur le site qu'il faut attendre 3/4 d'heure qu'il se désemplisse pour entrer. Après c'est la double entrée, le calendrier gravé sur un mur (pas le même qu'a la maison dans la cuisine), la représentation d'ustensiles médicaux. La nuit tombe et la magie du lieu apparaît davantage encore. Avant de repartir un coup d'oeil dans la petite chapelle qui abrite une vitrine avec 2 crocodiles momifiés dedans. De retour sur le quai le bateau est en train de manoeuvrer au milieu d'une armada qui s'entrecroise pour s'agglutiner au quai. De faible longueur le quai, de sorte que les bateaux sont les uns contre les autres et pas les uns derrières les autres. Il faut donc traverser plusieurs navires pour retrouver le sien. Pittoresque.



    4e jour : Kom Ombo / Assouan 

Visite du temple dédié aux dieux Sobek (à tête de crocodile) et Haroaris (à tête de faucon). Navigation jusqu’à Assouan. Après le déjeuner, visite du temple de Philae, voué au culte de la déesse Isis et du haut barrage donnant naissance au Lac Nasser. Dîner et nuit à bord.

Kom Ombo c'est fait, alors ce matin on file à Philae. Avec d'abord la traversée d'Assouan qui semble, vue du car, plutôt moderne avec des femmes non voilées, des fillettes en socquettes et une humanité enfin mixte. On s'installe sur un petit bateau qui tâche de faire la course, pour arriver bien placé sans doute. On a beau savoir que ça n'est pas l'île d'origine et que tout le temple à été démonté en plus de 1000 morceaux, eh ben ça fait rien. Difficile de se rendre compte du travail qu'il a fallu pour donner à l'îlot d'Agilkia une dimension et une apparence proches de celles de la Philae originelle. Mais sans aucun doute, ça marche. Un arrêt devant les inscriptions des soldats de Napoléon, devant le kiosque de Trajan, devant les eaux du Nil... Et en route pour le barrage d'Assouan.
Chemin faisant la route passe sur le 1er barrage d'Assouan (ah bon, y'en a 2 ?), construit par les anglais en 1902, déjà pour réguler la crue du fleuve. Duquel on aperçoit la 1ère cataracte. En fait un amas de gros caillou dans le lit plus pentu à cet endroit-là qui rend la navigation impossible. Mais c'est pas du tout les chutes du Niagara. Pour une cataracte celle-là est plutôt gentille.
Le barrage d'Assouan n°2 est grand, haut, avec une retenue d'eau énorme. Des inconvénients et des gros avantages semble-t-il.
L'après-midi un tour sur l'île Kitchener qui abrite un jardin botanique pas super entretenu puis sur l'île Eléphantine pour visiter un village nubien et s'asseoir à la table d'une famille habituée à recevoir les touristes présidée par une gentille dame de 94 ans. Tu choisis coca ou thé, moi c'est coca. Fais tellement chaud. On peut visiter, alors on monte un petit escalier tout bleu et on voit 2 ou 3 chambres et une vue sur les toits du villages avec ce truc incroyable : l'ensemble dégage une profonde impression de misère et pourtant sur le toit d'en face il y a une parabole de télé pointée vers les étoiles. Le guide nous explique que ça les gêne pas la misère, y sont habitués comme ça; les ruelles en terre battue qui font poubelles en même temps, t'ajoutes un frigo et une télé, un âne pour le transport. Les enfants sont beaux pourtant...
Le soir le son et lumières de Philae. Re le car, re le bateau. On est en fin d'après-midi, la foule est retenue par une corde à l'entrée de la voie processionnelle. Quand la nuit s'est suffisamment installée on assiste au lâcher de touristes. On se presse vers le 1er pylône, on s'arrête, longtemps, puis on écoute le commentaire. On repart, on s'arrête, longtemps, puis on écoute le commentaire. Et comme ça à travers tout le temple. C'est long. Bon, au bout d'un moment on a fait tout le tour alors on s'assoit devant le kiosque de Trajan pour la suite et la fin.
Le texte est d'Alain Decaux, il est dit par Suzanne Flon, Jean Topart et quelques autres voix connues des années 60-70. Mais qu'est-ce que c'est pompeux, avec trop d'emphase. Pourtant le temple de nuit, même avec un éclairage à l'ancienne, c'est toujours magnifique.
Allez au lit, tout à l'heure on se lève à 2h30.



    5e jour : Assouan / Abou Simbel / Le Caire 

Départ matinal en autocar vers Abou Simbel (en cas de fermeture de la route à Assouan, le transport se fera en avion sans supplément). Visite de ce superbe temple construit par Ramsès II au XIIIe siècle avant J.-C. et qui a été déplacé morceau par morceau avec le concours de l'Unesco pour éviter d'être inondé par le Lac Nasser. Transfert à l'aéroport et envol à destination du Caire. A l'arrivée, transfert à l'hôtel. Dîner et nuit.

Oh la la, c'est quoi ce pétard !! Des clochettes dans le couloir, tout le monde debout. Un oeil à la montre : 2h22 8-[
P'tit déj en vitesse, on boucle les valises, on récupère le panier repas (en fait une boite en mauvais carton format boite à pizza) et on s'installe dans le car vers 3h30. On retrouve plein d'autres cars à la sortie d'Assouan et on attend que ça démarre. Les voitures de police bouclent le convoi. On s'élance vers Abou Simbel à travers le désert. Je fais 1m90 alors bonjour le confort pour dormir. C'est, pour moi en tout cas, à peu près impossible. Patiente.
Le soleil se lève sur le désert. La route est bonne. On arrive vers 7h sur le site. Ah ben là non plus on n'est pas seul. Des cars partout sur le parking. Une queue monstre au guichet ou la guide nous prend les tickets. A nous maintenant.
On monte une butte, on tourne à gauche, on descend dans les cailloux pour couper et paf, on est devant ! Le temple d'Abou Simbel est là, dans la chaleur déjà présente du petit matin, au bord du lac de retenue du barrage d'Assouan. C'est comme sur les photos qu'on connaît, mais en pire. Les colossales statues de Ramsès qui ont franchi tant de temps assomment la vue. Après on commence à regarder les détails. Le demi sourire du colosse de gauche, Néfertiti, la reine-mère, les princes et princesses aux pieds des colosses, la rangée de babouins, au-dessus.
Bon allez on rentre. Je voulais voir les représentations de la bataille de Qadesh bien connue et aussi j'avais lu que le sculpteur avait créé un pasteur poussant son troupeau de dessous les pattes des chevaux du roi en lui faisant des signes du bras. Rah lovely, il est là; crac photo ! Il est là à pousser ses bestiaux pour éviter le déchaînement royal, c'est marrant parce que ça sert à pas grand chose cette notation de l'artiste, mais c'est ça qu'est bien :-)
Les salles latérales à droite, le naos au fond, les colonnes, le plafond, tout est décoré, sculpté. On y passerait des heures. Vite les photos. Les flashes sont interdits sous peine de se voir péter le matériel par les gardiens gros méchants. On nous a bien prévenu avant. Le temple de Néfertari c'est bien aussi. Photos dedans, photos dehors et en avant pour l'avion, on décolle à 9h pour le Caire.
Tiens dans l'avion on retrouve le même personnel q'au départ de Roissy. A croire que Lotus-Air n'a qu'un seul appareil.
Le Caire, fin de matinée. On déjeune dans un restau situé dans un parc ombragé. Là le monde est davantage mixte. Ensuite l'hôtel pour récupérer un peu. Ouaaah la vache, le palace ! Le Marriot Hôtel est un vrai palace à l'ancienne. La chambre est meublée avec goût et luxe et le lit, j'ai jamais vu ça, est quasi plus large que long. Un lit pour trois. Il se dit que la clientèle friquée du golf est parfois polygame et que les lits en tiennent compte. Pour une sieste de récup. ça fera très bien l'affaire. Piscine, jacuzzi, repas et en route pour le son et lumières des pyramides.
Le faisceau laser sculpte dans la grande pyramide des images impressionnantes. Instructif et beau.



    6e jour : Découverte du Caire 

Découverte de la capitale égyptienne et visite du Musée National des antiquités, mémoire exceptionnelle des différentes dynasties pharaoniques. Après le déjeuner, visites de la citadelle de Saladin (construite en 1183 sur la colline de Mokkatam) et de la mosquée de Mohammed Ali, puis promenade dans les souks. Dîner et nuit à l'hôtel.

C'est dans l'autre sens. On commence par la mosquée de Mohammed Ali. Un peu hors sujet après tout ce qu'on a déjà vu mais c'est assez beau, avec des tapis partout. De la terrasse on a une superbe vue sur Le Caire. Vite quelques photos pour un futur panoramique
Ensuite les souks rapidement pour les souvenirs. Déjeuner puis le musée égyptien.
Ah le musée égyptien. Un des morceaux de choix de la semaine. Personnellement j'ai envie de voir la statuette de Kheops, la statue de Djoser et la momie de Ramsès II par ex. On commence par le fond, les pièces dédiées au règne d'Akhenaton, puis on monte à l'étage pour les salles du trésor de Toutankhamon. Et là c'est le choc devant l'accumulation, l'amoncellement de trucs plus invraisemblables les uns que les autres. Les 4 chapelles funéraires, la salle au masque mortuaire si connu qui contient aussi un cercueil et des bijoux de toutes sortes. Et puis les arcs, le char, les lits, le dais, le mannequin, les vases canopes, les oushebtis, les fauteuils... Une flopée d'objets et de personnages souvent de toute beauté. Du coup je fais beaucoup de photos.
Ah, un supplément de 80 F pour la salle des momies. Bon je suis un des seuls du groupe à y aller, je voulais absolument voir Ramsès II les yeux dans les yeux. La salle n'est pas grande, peu éclairé et il y règne un silence recueilli. Et le grand Ramsès est là. Embandeletté sauf les mains et le visage. J'ai vu ses constructions, voilà maintenant le bonhomme. Un petit moment de grâce. Il lui reste des petits cheveux blancs derrière la tête. Ces temples en pierre ont résisté au temps, mais lui là, devant moi, comment fait-il ? C'est bien une des magies égyptiennes à laquelle même le touriste lambda n'échappe pas. tout ça est si loin et pourtant si près. J'aurais envie de lui caresser la tête, de lui dire qu'il l'a bien méritée son éternité, qu'il peut aller souffler maintenant, l'ami Ramsès.
Retour vers le groupe. Le scribe, Chéphren, le nain, les oies, Hatshepsout et tout le monde dehors, ça ferme !!
Ben et Kheops, et Djoser ? Nan nan, à peine le temps de se procurer le catalogue du musée à la petite boutique -- en fait un bouquin ou J.P. Corteggiani de l'I.F.A.O. a sélectionné et commenté 120 pièces du musée, très bien d'ailleurs. Et c'est tout pour aujourd'hui.



    7e jour : Le Caire, les pyramides de Guizeh 

Départ vers le plateau de Guizeh, symbole de l'Egypte antique avec ses trois pyramides : Kheops (la plus grande, construite vers l'an 2690 avant J.-C., l'une des 7 merveilles du monde), Kephren et Mykerinos, gardées par le célèbre sphinx au corps de lion et au visage de pharaon. Déjeuner puis retour au Caire. Dîner et nuit à l'hôtel.

Dernier jour, déjà. Le plateau de Giza (ou Gizeh, comme on veut). Saqqara et Memphis l'après-midi.
La grande pyramide Kheops est vraiment grande. Chéphren presque pareille et Mykérinos beaucoup moins. Ce matin j'ai du mal. Il me faudrait être seul après 6 jours à courir en troupeau. Après les traditionnelles explications devant les pyramides il reste un quart d'heure avant de reprendre le car pour le sphinx. Je prends mes jambes à mon cou pour me ruer vers le bâtiment qui abrite, à proximité, la barque solaire. Je ne prends pas l'appareil photo, erreur !! Il faut enfiler des espèces de chaussons en fine toile par dessus ses baskets. On ne trouve pas ma taille et je bousille à moitié ce qu'on me tend, mais pas le temps de tergiverser... La suite c'est sur la page Regrets.
Après c'est le Sphinx, j'en profite pour faire plusieurs photos du site dans le but d'un panorama.
Déjeuner à la campagne.
Saqqara. Encore l'erreur de l'appareil photo laissé dans le car. Il est vraiment temps que ça se termine. Et c'est dommage parce que l'impression m'est beaucoup plus forte qu'a Giza. C'est vrai qu'il n'y a presque personne ici. Le magnifique mastaba du vizir de Téti Kagemni avec ses superbes reliefs. La pyramide à degrés de Djoser avec sa cour ensablée. En fait c'est beaucoup moins spectaculaire que Kheops et pourtant c'est beaucoup plus sympa.
Memphis. La statue couchée de Ramsès II sera le dernier chef d-oeuvre de ce voyage. Le pharaon est présenté idéalisé, certes. Mais quelle force encore.



    8e jour : Le Caire / France 

Transfert à l’aéroport selon l'heure de vol. Assistance aux formalités d'enregistrement et envol à destination de la France.

Et voilà, le vol est à 4h00. Pas dodo. Roissy. A la même heure hier j'étais devant quoi déjà ?
Arrête, tu te fais du mal...




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