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Ah bah oui !! Bien les photos !! Y'a des têtes qui dépassent. La foule est partout. Y'a des reflets sur des vitrines, des monuments à contre-jour, des images de nuit toutes noires, des flous, des bougés... |
Tu te donnes, tu te dis que tu vas pas revenir de si tôt, qu'il faut pas pleurer sa peine, qu'il faut faire à tout prix dans l'inoubliable, que t'as le bon matériel, que t'as de la marge pour mitrailler sans trop regarder le compteur... Et puis crac ! Les bonnes images ne sont pas si nombreuses, certains défauts criants, le site que tu t'étais promis de faire en rentrant improbable.
T'as écouté le guide qui disait qu'a Saqqarah, pour la pyramide, c'était pas la peine de prendre l'appareil vu qu'on la voit très bien de l'extérieur de l'enceinte et que c'est payant (style 10-20 balles) comme sur de nombreux sites. C'est le dernier jour alors tu gardes tes sous. Et tes regrets aussi parce que c'est formidable, là encore.
Et la barque solaire, derrière la grande pyramide ! On n'y va pas, c'est pas dans le planning du groupe, qu'y disaient. Alors dans tes 20 minutes de libre, entre la fin des explications et le départ du car, tu cours dans le sable, tu ne prends pas l'appareil non plus, pour les sous, et puis tu ne sais pas ce qui t'attend. On t'avait dit une barque, alors évidemment... Ouais mais elle fait plus de 40 mètres de long et elle est dans un état de conservation (restauration ?) pas possible, comme fabriquée de la veille. Tu regardes ta montre tout le temps (le car...) et t'es sur le cul devant la beauté incroyable de cette barcasse qui a traversé les millénaires. Y'a pas grand monde dans ce bâtiment à l'écart et tu restes tout con : tes émotions, ta montre... et ce putain d'appareil qui est resté dehors.
Ce sont les conditions d'un voyage organisé. Et dans celui-là il y avait beaucoup de choses à voir, du 19 au 26 mai 2001 ça a été tout sauf des vacances. Levé très très tôt -- entre 2h00 (si,si) et 6h00 du mat' pour éviter la chaleur (entre 50 et 60° dans le sud) -- rassemblement du groupe et visites guidées toute la journée. A ce rythme, le manque de sommeil te rend zombi vers mercredi jeudi. Et pour finir le retour sans dormir par vol charter de nuit où t'es écrasé par l'inclinaison du dossier de devant.
Allez, on oublie le sordide et on se promet de revenir à tête reposée. Pour une première j'ai eu ce que je voulais : de la quantité en peu de temps. Maintenant je le sais : JE REVIENDRAI. Sans tour-operator, sans horaires à respecter, en prenant le temps qu'il faut pour m'imprégner de ce que je n'ai fait qu'effleurer, au contact d'une civilisation disparue mais toujours là, et en comprendre un bout. Et c'est ça qui est bien. Leur monde n'était pas le nôtre et ils nous ont moins légué que certains mais justement, malgré une histoire qui s'est éteinte, quand on la côtoie on ressent comme une étrange familiarité. Ils sont tous partis loin, et pourtant les voilà si près avec leur vie bien à eux qui me donne un bonheur bien à moi.